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Accueil des migrants à Batz-sur-Mer : Lettre ouverte d'Adeline L'Honen, maire, à la CFDT

"Dans l’édition du journal régional de France 3 le 5 novembre à 19h et de Ouest France du mercredi 7 novembre, vous dénoncez le refus de la commune d’accueillir plus de 35 migrants à Batz-sur-Mer par la voix de son maire, après que vous ayez, dans un premier temps, fait état d’un refus total d’accueil."

" Vous exprimez votre colère suite à cette décision des élus de Batz-sur-Mer et vous affirmez que la Ligue de l’enseignement avait accepté d’accueillir en son sein 60 à 100 migrants, et ceci sans avoir pris part ni au débat local, ni même semble-t-il sans avoir échangé avec les dirigeants de la ligue de l’enseignement, ni même avec la mairie de Batz-sur-Mer.  

Vous méconnaissez très clairement la réalité des échanges qui ont pu avoir lieu entre les structures en responsabilité (CCAS de Nantes, Ligue de l’enseignement, Commune de Batz-sur-Mer).

Une analyse objective de la situation vous aurait permis de vérifier que la municipalité assume, par conviction, ce devoir d’humanité comme elle l’a déjà prouvé en 2016 en accueillant des jeunes migrants dans un tout autre contexte. 

Les responsabilités d’un maire sont nombreuses et elles touchent aussi à l’impact qu’aurait présenté l’arrivée de 100 migrants dans une commune de moins de 3 000 habitants. 

Vous décidez, de manière inopportune, d’arguer à ma place, de l’impact financier. Or cet aspect de l’enjeu de l’accueil des migrants n’a jamais été un point de discussions. 

Aborder la problématique sous cet angle unique laisse à penser que votre regard est si décentré et global qu’il ne prend pas en compte l’ensemble des conséquences liées à l’accroissement de 3,5%, même temporaire, de la population. Je ne peux croire qu’il s’agisse de votre part d’une volonté de mettre en cause la municipalité dont je suis maire."

"Que savez-vous de l’organisation de la commune, de la vie de ses familles qui y vivent à l’année et de ses infrastructures ? 

Vous ne pouvez pas condamner un déni de solidarité lorsque celle-ci s’organise dans d’autres proportions que celles que vous projetez, sans connaître le fonctionnement d’une commune rurale comme la nôtre en période hivernale. Notre commune est éloignée des équipements de soins et d’accompagnement social adaptés, concentrés en métropole ou dans les grandes agglomérations.

Maintenir la confiance de nos concitoyens, dans un climat apaisé et libéré de l’ambiance délétère que l’on connait aujourd’hui sur cette question, constitue un des principes qui permettent aujourd’hui à Batz-sur-Mer de participer à l’effort de solidarité et d’humanité, indispensable aux maintiens des grands équilibres avec ses habitants et fondateur de notre démocratie. 

Je m’étonne que la CFDT, un syndicat militant et humaniste proche de mes convictions et qui ne s’est jamais illustré de la sorte sur cette question, réagisse avec autant de virulence et sans avoir pris le moindre contact avec la mairie de Batz-sur-Mer.

Dois-je en conclure que votre intervention dans la presse dépasse le seul intérêt des migrants, et qu’elle relève plutôt d’une remise en cause politique de ma façon d’exercer la solidarité sur le territoire avec les partenaires locaux? Ce qu’on appelle, disons-le, une polémique politicienne de bas étage ?

Quoiqu’il en soit, je reste profondément attachée à la solidarité et n’accepte pas que vous réduisiez le débat de l’accueil de ces hommes, qui ont traversé tant d’épreuves avant d’arriver en Loire-Atlantique, à un clivage politicien gauche/droite. Pour ma part, je considère qu’il est de la responsabilité de chaque élu local d’exercer la solidarité dans la mesure de ses possibilités et de ses contraintes locales. 

Si chaque commune de Loire-Atlantique y consentait proportionnellement, les personnes migrantes auraient pu trouver un toit dans l’agglomération sans pour autant s’expatrier loin de tout, sur la Presqu’île.  

Je tenais à partager avec vous mon sentiment sur les aspects tant éthiques, qui guident mes décisions, qu’opérationnels dont je ne peux me départir en ma qualité de maire, sur la difficile gestion de l’accueil des migrants. "

Je vous prie d’agréer, Madame, l’expression de mes salutations distinguées. 

09/11/2018 | 1 commentaire

Vos commentaires

#1 - Le 09 novembre 2018 à 17h33 par lonely
Il serait utile que les communiqués soient relus ...
Mais merci Madame de mettre les pendules à l'heure.
Oui,chacun un peu, et nous pourrions faire beaucoup.

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