Le Croisic Infos

Le Projet d'Aménagement et de Développement Durable a finalement beaucoup PLU

La municipalité conviait, vendredi en soirée, la population Croisicaise pour une réunion d'information et d'échanges sur le PADD (Projet d'aménagement et de Développement Durable) qui sera adopté dans le cadre du futur PLU (Plan Local d'urbanisme) que la commune entérinera définitivement au printemps 2011. Objectif : faire un diagnostic du Croisic sous tous les aspects, en tirer des enseignements et définir des projets pour faire face aux enjeux de ces prochaines années. « Une évolution, pas une révolution ! » a indiqué Michèle Quellard, satisfaite de l'accueil réservé à ces premiers travaux par une centaine de personnes très attentives. Une expo est également visible dans le hall de la mairie.

En préambule à l’exposé du projet, Michèle Quellard a rappelé les enjeux de ce PLU qui va remplacer le POS (Plan d’Occupation des Sols). « Il y a de nouvelles attentes, des évolutions, tournées notamment vers le développement durable », indique-t-elle. Après avoir expliqué le calendrier du processus d’adoption, qui prendra fin au printemps 2011 après l’enquête publique, le maire a précisé que cette première réunion publique faisait l’objet d’une présentation globale sur les questions d’intérêt général du PADD, et que dans l’immédiat, les cas particuliers ne seraient pas abordés. Avant de céder la parole à Bruno Schmidt, urbaniste à la direction d’étude « Espace Ville » chargé de la constitution du PADD, elle ajoute à son introduction cette phrase restée célèbre : « Nous n’héritons pas de la terre de nos ancêtres, nos l’empruntons à nos enfants ».
Le moins que l’on puisse dire, c’est que l’urbaniste a su capter l’attention de son auditoire par des explications très claires et d’ordre général, avec à l’appui, des documents projetés sur grand écran. Sans qu’on les pose ouvertement, il a d’abord répondu aux questions basiques : « Un PLU, c’est une démarche dans le cadre du code de l’urbanisme qui concerne toutes les communes de France. Ce n’est pas parce qu’on fait un PLU qu’on change tout ! On révolutionne rarement les aménagements dans une commune. Notre objectif sur la commune du Croisic est de passer d’un urbanisme quantitatif à un urbanisme qualitatif en mettant en valeur son patrimoine architectural, naturel, culturel et humain ». Il précise également que le territoire de la commune est très restreint, avec beaucoup de contraintes physiques et environnementales, « les marges de manœuvres sont donc assez limitées ».
Quant au PADD, il s’articule autour de deux grands axes : le diagnostic et les propositions. Un document vraiment très riche d’enseignements, parfois même surprenants.
Le Croisic : Une cité vieillissante
Vieille ville, première station balnéaire de la région au XIXème siècle, riche d’un patrimoine historique exceptionnel, Le Croisic est depuis de longues années sur la pente douce du déclin. Sur le plan démographique, sa population est vieillissante. C’est une tendance marquée avec une diminution sensible des enfants et des jeunes actifs. Plus globalement, il y a une tranche assez faible de population qui est active. O n note aussi les installations de plus en plus nombreuses de jeunes retraités dans leurs maisons secondaires. Alors, verra-t-on disparaître les écoles au profit d’unité médicales spécialisées dans les problèmes liés à la vieillesse ?
Pour les actifs, il y a des problèmes de migrations domicile-travail et inversement. On habite au Croisic et on travaille ailleurs, on est employé au Croisic, mais on vient d’ailleurs. « Ce n’est pas souhaitable, en plus cela créé des flux importants de circulation », ajoute Bruno Schmidt. De plus, la ville évolue vers la villégiature, avec depuis 5 ans, une baisse du nombre des résidences secondaires. On le sait, il y a un manque de logements, « surtout de petits logements pour les jeunes couples, de petites maisons avec jardins, soit en locatif, soit en accession à la propriété. Le parc de logements sociaux n’est pas négligeable, mais on est encore loin des 20% ».
Les activités économiques sont essentiellement tournées vers le tourisme, « mais il est insuffisant en terme de retombées économiques et de durée de passage », la santé, le commerces, « nombreux mais pas toujours bien adapté et situé », et les activités liées à la mer, que l’on sait en déclin depuis quelques années.
Bien entendu, l’analyse environnementale est extrêmement riche. Inutile de faire la liste de tout ce qui remarquable dans notre cadre de vie tant au niveau des paysages, des écosystèmes, de la flore et de la faune.
Suite à ce diagnostic, le PADD dégage trois grandes notions qui débouchent sur des propositions concrètes :
    •    Un territoire spécifique, une identité à affirmer
    •    Une ville à part entière à conforter
    •    Un territoire d’accueil à conforter

Dans les 15 ans, une évolution écologique
S’il n’y aura pas de bouleversements dans les quartiers périphériques au centre-ville, Le Croisic prendra clairement une voie plus verte avec la priorité donnée aux piétons et aux vélos, surtout en centre-ville où de nombreuses réflexions sont menées à ce sujet. Concrètement, Bruno Schmidt a listé la plupart des propositions :
    •    Aménager et valoriser l’entrée de ville et les abords de la gare, avec la création d’un parking paysager, un parc de location de vélos, création d’un petit habitat et bureaux à côté d’Intermarché, réaménagement du parvis de la gare, requalification de la rue Aristide Briand sur le plan esthétique et fonctionnel.
    •    Trois sites, situés en bordure de la coulée verte, destinés à l’accueil de nouveaux logements, sous la forme d’éco-quartiers, avec une forme urbaine de type « maisons de ville ».
    •    Mise en valeur de la coulée verte avec développement d’un tourisme de qualité, création d’un parc botanique, protection renforcée de certains sites fragiles, renforcements des liaisons cyclables et des sentiers.
En conclusion, Bruno Schmidt précise : « Nous avons essayé de faire un document bien équilibré et un projet ancré dans la réalité du Croisic. Le PADD fixe les orientations générales sur le territoire communal pour les 10 ans à venir. Le PLU, c’est un document-programme, mais il ne donne pas toutes les clés, tel que le financement ».
Suite à l’exposé, applaudi par une grande partie de l’assistance, le public a pu poser des questions. Les élus, Michèle Quellard, la maire, Mr La Cam, premier adjoint, et Mme Rousset, adjointe à l’environnement et à l’urbanisme, ont tâché d’y répondre. Comme c’est souvent le cas, on n’a pas pu éviter les préoccupations personnelles. D’ailleurs, la maire a du rappeler fermement, après un reproche quant à la méthode et à la concertation avec la population, que d’autres réunions publiques suivront, où les gens pourront aborder ce genre problèmes.
On retiendra essentiellement trois interventions. La première porte sur la rue du Pilori et le nouvel emplacement de l’Office du Tourisme, ce qui ne sera pas sans poser des problèmes de stationnement, notamment pour les riverains. « Cette rue sera entièrement piétonne en juillet et août », a précisé Michèle Quellard. La seconde demande une réflexion quant au tour de côte et la réalisation d’un circuit cycliste protéger, « avant qu’un drame de la circulation ne se produise ».  « Ce tour de côte est une horreur ! » poursuit l’urbaniste, avant que Mme Rousset ne précise qu’une discussion était bien en cours sur ce sujet. Enfin, la troisième évoquait l’utilisation des éoliennes domestiques sur la commune. « Il faut encourager les énergies renouvelables telles que les éoliennes, les capteurs solaires, la géothermie. Mais il faut réglementer leur utilisation et leur construction », conclut Bruno Schmidt.

 

Auteur : Yoann Daniel | 25/04/2010 | 4 commentaires
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Vos commentaires

#1 - Le 07 mai 2010 à 17h16 par rollando , Le Croisic
Pas un seul commentaire en 15 jours pour confirmer ou infirmer ce compte rendu de la 1ere réunion publique sur le PADD qui aurait beaucoup PLU !

Malgré la tension palpable de l'équipe municipale, peu rodée à ce genre d\'exercice, la présentation du PADD (copie absolument conforme au SCOT contesté de CAP ATLANTIQUE rédigé par le cabinet d\'urbanisme E.A.U. De Paris ) et vaguement adaptée par un autre urbaniste de la région parisienne ( ESPACE VILLE de Viroflay 78) a, avec l'aide de l\'informatique, abordé tellement de points du SCOT que les Croisicais(es), un peu groggy, n'avaient plus vraiment de questions à poser ils se rattraperont la prochaine fois !

Lors des réunions publiques sur le SCOT, à La Baule, la même méthode a été utilisée et a été dénoncée ( cf la conférence de presse du 20 octobre 2009 tenue par le Groupe AGIR POUR L'AVENIR DE LA GAUCHE) ou encore, sur le site du veilleur de Guérande, ou dans la tribune de la Minorité du magazine de Guérande on peut lire : « Nous déplorons tout d\'abord la méthode d\'élaboration insuffisamment démocratique de ce plan de développement confié à un cabinet d\'études parisien qui n'a fait qu'appliquer les directives fixées par le Président de CAP ATLANTIQUE et maire de La Baule sans réelle concertation avec les habitants, les associations, ni même les élus municipaux des différentes communes. Ce projet ne répond ni aux attentes ni aux besoins des habitants de la Presqu'île» ou encore : « Ce PADD ressemble à une grande salade composée. On y retrouve un petit peu de tout pour faire plaisir à tout le monde mais on a du mal a y retrouver une réelle cohérence. »...

Et ici, dans la presqu'île du Croisic, au lendemain du passage de la tempête Xynthia, le volet mer du PADD est à peine évoqué... sans oublier, entre autres les SOS lancés par les plongeurs de l'association Loire-Vilaine qui fréquentent les fonds marins entre les 2 estuaires depuis des années...
et pourquoi ne pas parler de la charte pour l'utilisation des traicts du Croisic passée entre les différents utilisateurs qui semble, pour une fois, être une bonne méthode de travail !

Alors, La gestion intégrée des zones côtières, préconisée par l'Europe depuis 2002, semble bien être la meilleure méthode à adopter pour Le Croisic .
La GIZC est une méthode de travail qui se base sur la coopération des acteurs de l'espace littoral pour aboutir à un développement concerté et durable du territoire.

D'où la nécessité d\'avoir non pas des grand' messes où l'on nous assène les productions stéréotypées de cabinets d'urbanisme mais des rencontres thématiques avec les Croisicais(es) concernés.
#2 - Le 10 mai 2010 à 07h18 par ludovic
J'ai rien compris sur le PADD. Et rien compris au commentaire de Rollande.
#3 - Le 13 mai 2010 à 17h31 par rollando, Le Croisic
explications pour Ludovic entre autres :
Comme dans le reste de la Bretagne, la côte est densément peuplée et possède une importance économique vitale pour l'ensemble du territoire. La frange côtière est un espace touché par l'urbanisation et le mitage.
Le développement d'activités portuaires et touristiques alliant la reconquête de la qualité des eaux littorales et la préservation de milieux naturels uniques menacés de dégradation comptent, notamment, au nombre des préoccupations des collectivités.
Destinée à prendre en compte la complexité de cet espace, une démarche de GIZC vise à permettre une approche globale (à la fois en mer et à terre) en intégrant :
Le contexte physique (géomorphologie, météo, marées, courants marins, etc.)
Le contexte écologique et biogéographique
Le contexte socio-économique
Le contexte juridico-administratif
Une telle démarche relève d'une approche de développement durable.
En France, sa mise en oeuvre en France date de 2004 (décision du Comité interministériel pour l'aménagement et le développement du territoire du 14 septembre 2004 suivie d'un appel a projet de la DATAR (devenue DIACT depuis) et du Secrétariat général de la Mer le 11 janvier 2005). Parmi les 49 candidatures (de collectivités, divers acteurs économiques, du Conservatoire du littoral et d'instituts de recherche), 25 projets ont été retenus et soutenus pour mise en oeuvre d'une GIZC, sous le pilotage des collectivités territoriales. Pourquoi le projet de CAP ATLANTIQUE n'a-t-il pas été retenu ?
La région Bretagne a proposé la Charte des espaces côtiers bretons, « l'occasion de définir et élaborer en commun un avenir pour la zone côtière, un avenir porteur d'ambitions, choisi et non subi. »
Le Croisic, au lendemain de la tempête Xynthia, est l'endroit idéal pour la mise en oeuvre d'une GIZC
Cela permettrait la résolution de beaucoup de conflits, intra comme extra muros !
Ne laissons pas passer cette opportunité !!
#4 - Le 14 mai 2010 à 08h34 par JP Le Moyen
Merci pour les explications. J'étais comme Ludovic, un peu de mal à m'y retrouver dans toutes ces problèmatiques. En premier lieu une CIZC est une Gestion Intégrée des Zones Côtières. Il est vrai qu'il est est difficile d'intéresser le public. Le sujet est à la fois simple sur le fond et complexe dans ces multiples formes. Il ne concerne pas seulement les Croisicais mais l'ensemble du littoral de l'embouchure de La Loire à celle de La vilaine.

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