« Au début, je cueillais un peu les pâquerettes ! », sourie Léa lorsqu’elle se repense à ses premiers pas sur le terrain. Mais à 5 ans, elle était bien conseillée par Anita, sa tante footballeuse, et Mario, son père sportif. En fait, toute la famille l’a toujours soutenue. « On joue tous beaucoup au foot et moi, dès que j’ai tapé dans un ballon, ça m’a plu. Je reçois beaucoup d’encouragements de mes parents. Pour eux, c’est important que je fasse du sport. J’aurais pu faire du basket. J’ai hésité un peu, mais je crois que je ne pourrais jamais arrêter le foot », ajoute-t-elle.
Elle prend sa première licence au Stade Croisicais et commence son parcours de fille dans un monde de garçons, tendance « machos » quelque fois. « Il n’y avait pas trop de différence avec les garçons. J’avoue que cette équipe est vraiment très bien. Quand j’étais petite, ils me défendaient. Je n’étais pas du tout mise à l’écart », explique Léa. Ce fut également longtemps le cas des adversaires, mais avec l’âge, les comportements sont en train de changer. « Maintenant, c’est de pire en pire. Il m’arrive de me faire insulter. Parfois, les garçons sont vexés, et une fois, on a essayé de me blesser », constate la jeune défenseur qui a contré plus d’un attaquant dans son amour propre. Sereine, elle ajoute : « Quand c’est comme ça, j’essaie de me calmer et de me concentrer sur le jeu ».
Du côté des éducateurs et des dirigeants, il a aussi fallu s’adapter. « Les coachs n’ont jamais fait trop de différence. Quand on gagne, je fais le cri de guerre dans les vestiaires avec les garçons. Sur le terrain, je dois gagner ma place comme tout le monde », explique-t-elle. En effet, la jeune fille a rapidement du faire vestiaire séparé, ce qui n’a pas manqué de provoquer quelques désagréments : « Parfois, c’était surprenant pour les clubs où on allait. Une fois, je me suis changé dans un endroit vraiment dégoûtant, il y avait des toiles d’araignées partout ! ».
Léa a donc décidé de s’orienter vers le football purement féminin. « Je n’ai encore jamais fait de saison avec les filles, alors je ne sais pas trop à quoi m’attendre », confie-t-elle. Elle va devoir choisir entre deux destinations : La Baule où une équipe est en création avec la proximité du Croisic, ou Saint-Lyphard, club d’expérience et réputé pour ses formations féminines.
Actuellement au poste de défenseur, la jeune footballeuse est consciente du travail à accomplir pour pleinement exploiter son potentiel. « Je suis assez physique, mais pas trop technique. J’ai envie du ballon ! Mais en fait, quand j’ai le ballon dans les pieds, je ne sais pas encore trop quoi faire avec. J’aime m’amuser avec le ballon, j’aime la compétition, mais je n’en fais pas tout un plat si je perds », dit-elle. Si elle reste modeste, elle est pourtant déterminée : « Je ne suis pas trop ambitieuse, mais mon rêve, c’est de jouer en équipe de France ».
La tête sur les épaules, elle pense également à son avenir professionnel, avec déjà, une certaine idée de ce qu’elle veut faire. « Je vais au lycée et je vais passer mon Bac. Ensuite, j’irais bien à l’école de Gendarmerie, c’est une branche qui me branche bien ! Ou alors, les pompiers, l’uniforme, ça m’attire ! », voilà une bonne indication pour les futurs courtisans de la demoiselle.
Nul doute que Léa ne quittera pas le Stade Croisicais sans que les dirigeants du club ne saluent son formidable parcours et lui souhaite tout le bonheur possible pour la suite de sa carrière. Léa ajoute un dernier mot à leur intention : « Je remercie tous mes éducateurs d’avoir crû en moi ». Après un match, il y a quelques jours, on pouvait entendre un dirigeants dire : « C’est vraiment triste de la voir partir, on l’aime beaucoup », et un de ses jeunes partenaires ajouter : « Ca va nous faire bizarre de jouer sans elle, elle a toujours été là, elle va nous manquer ».
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